NL
EN
FR
Belgium
Retour aux articles

Construire sur une parcelle résiduelle ? Les règles s’assouplissent à partir du 20 août 2026

20 août 2026

Rendre constructible une petite parcelle ou une parcelle de forme irrégulière située dans une zone de réserve d’habitat s’est souvent révélé difficile ces dernières années. Certaines exigences, telles que la mixité des fonctions ou le regroupement des habitations, sont en effet difficilement applicables à ce type de parcelle. À partir du 20 août 2026, le Verzameldecreet Omgeving introduit plusieurs assouplissements concrets, avec des seuils de superficie clairement définis.

Construire sur une parcelle résiduelle ? Les règles s’assouplissent à partir du 20 août 2026

Qu’est-ce qu’une zone de réserve d’habitat ?

La zone de réserve d’habitat est une notion générique qui couvre plusieurs catégories de terrains qui, en plus des zones d’habitat ordinaires, peuvent encore être affectés au logement, mais uniquement après une décision expresse de la commune. La catégorie la plus connue et la plus fréquente est la zone d’extension d’habitat (ZEH). Même si la notion de zone de réserve d’habitat est moins connue, celle de zone d’extension d’habitat vous est donc peut-être déjà familière.

Pourquoi une décision de libération est-elle nécessaire ?

Un terrain situé dans une zone de réserve d’habitat ne peut en principe être bâti qu’après l’adoption, par la commune, d’une décision de libération. Ce mécanisme permet à la commune de déterminer quels terrains peuvent être développés et à quel moment.

Cette libération doit généralement répondre à quatre exigences :

  • Mixité des fonctions : les nouvelles habitations ne peuvent pas constituer exclusivement un quartier résidentiel. D’autres fonctions, telles que des commerces, des bureaux ou des espaces verts, doivent également pouvoir y trouver leur place.
  • Regroupement minimal des habitations : les logements doivent présenter une certaine cohérence d’ensemble, par exemple sous la forme de maisons mitoyennes ou d’un petit lotissement, plutôt que d’habitations individuelles dispersées.
  • Infrastructures partagées : certains équipements doivent être communs aux habitants, par exemple une voie d’accès, un parking ou une aire de jeux, plutôt que d’être prévus séparément pour chaque habitation.
  • Efficacité spatiale élevée : le terrain doit être utilisé de manière aussi efficace que possible, avec une densité de logements suffisante, plutôt qu’une faible densité d’occupation du sol.

La difficulté pour les petites parcelles et des parcelles résiduelles

Ces exigences sont pertinentes lorsqu’il s’agit de développer une zone de grande superficie. Elles sont toutefois difficilement applicables à une petite parcelle résiduelle enclavée entre des terrains déjà bâtis.

Lors de l’introduction du régime en 2023, une proposition visant à dispenser entièrement les parcelles résiduelles de l’obligation d’obtenir une décision de libération n’a finalement pas été retenue. Le Conseil d’État avait en effet relevé un risque d’incompatibilité avec la jurisprudence de la Cour constitutionnelle relative aux modifications des prescriptions d’affectation.

En pratique, même de très petites parcelles résiduelles restaient donc soumises aux mêmes exigences que celles applicables au développement d’un lotissement complet.

Deux nouvelles exemptions à l’obligation d’obtenir une décision de libération

Le décret ajoute à l’article 5.6.10 du Code flamand de l’aménagement du territoire (VCRO) deux situations dans lesquelles aucune décision de libération ne sera requise :

  • un permis d’environnement ayant pour seul objet la démolition d’une construction ou l’abattage d’arbres ;
  • un permis de lotir lorsque les prescriptions du lotissement prévoient que la partie située en zone de réserve d’habitat ne peut être ni bâtie ni imperméabilisée.

Des exigences assouplies en fonction de la superficie

Lorsqu’une décision de libération reste nécessaire, un nouveau paragraphe 3/1 de l’article 5.6.11 du VCRO introduit deux seuils de superficie précis :

  • Moins de quinze ares, soit 1.500 m² : il sera possible, moyennant une motivation adéquate, de déroger tant aux exigences d’efficacité spatiale élevée et de regroupement des habitations qu’aux exigences de mixité des fonctions et d’infrastructures partagées.
  • Entre quinze ares et un demi-hectare : une dérogation restera possible concernant la mixité des fonctions et les infrastructures partagées, mais pas concernant l’efficacité spatiale et le regroupement des habitations.
  • Au-delà d’un demi-hectare : l’ensemble des exigences restera pleinement applicable.

Toute dérogation devra être dûment motivée, notamment au regard des équipements disponibles et de la densité de logements dans les environs.

Par ailleurs, la libération devra toujours porter sur une partie cohérente et spatialement distincte de la zone de réserve d’habitat. Il ne sera donc pas possible de subdiviser artificiellement des parcelles afin de rester sous les seuils précités.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Vous possédez une parcelle résiduelle ou une petite parcelle située dans une zone de réserve d’habitat qui, jusqu’à présent, semblait difficilement constructible en raison des exigences applicables ? Vous envisagez un lotissement dont une partie est située en zone de réserve d’habitat, sans prévoir d’y construire ? Il peut être opportun de réexaminer votre dossier à partir du 20 août 2026.

Les experts de notre Team Real Estate se tiennent à votre disposition pour vous conseiller sur vos projets de développement et vos questions en matière de permis.

En savoir plus sur ce sujet ?

Je cherche un expert en matière de

Voir plus d’articles

Nouveau Code de déontologie des agents immobiliers : bien plus qu’une simple mise à jour

01.10.2026

•

Droit Immobilier, Location et Copropriété, Andersen in Belgium

Nouveau Code de déontologie des agents immobiliers : bien plus qu’une simple mise à jour

Le 21 septembre 2026, l’arrêté royal du 20 juillet 2026 portant approbation du nouveau Code de déontologie de l’Institut professionnel des agents immobiliers (IPI) a été publié au Moniteur belge. Le nouveau Code entre en vigueur le 1er octobre 2026, date à laquelle le règlement de 2018 sera abrogé.

Lire l’article »
Quiconque finance le RUP risque de voir son permis remis en cause

29.09.2026

•

Urbanisme et Droit de l’Environnement, Andersen in Belgium

Quiconque finance le RUP risque de voir son permis remis en cause

Un promoteur qui participe financièrement à l'élaboration d'un plan d'aménagement du territoire (RUP) peut ainsi mettre son permis en péril. C'est ce qui ressort d'un arrêt rendu par le Conseil des litiges en matière de permis le 17 septembre 2026. Cette décision concerne une pratique très répandue dans toute la Flandre.

Lire l’article »
Les organisations de santé seront bientôt considérées comme « public concerné » dans les procédures de permis unique d’environnement

17.09.2026

•

Urbanisme et Droit de l’Environnement, Andersen in Belgium

Les organisations de santé seront bientôt considérées comme « public concerné » dans les procédures de permis unique d’environnement

Les organisations non gouvernementales qui œuvrent à la protection de la santé humaine pourront bientôt, à l’instar des organisations de protection de l’environnement, intervenir en qualité de « public concerné » dans le cadre des procédures relatives aux permis uniques d’environnement. Le cercle des organisations susceptibles de contester une décision relative à un permis s’en trouvera ainsi élargi. Cette évolution ajoute une nouvelle dimension aux futures procédures de permis.

Lire l’article »
Les amendes pour la location de logements insalubres augmentent fortement en Flandre dès aujourd’hui

08.09.2026

•

Droit Immobilier, Location et Copropriété, Andersen in Belgium

Les amendes pour la location de logements insalubres augmentent fortement en Flandre dès aujourd’hui

Vous louez un logement présentant de graves défauts de qualité ? Vous risquez alors des poursuites pénales. À compter d’aujourd’hui, les sanctions pour location de logements insalubres en Flandre sont considérablement alourdies. Une amende peut atteindre 800 000 euros en cas de circonstances aggravantes. Parallèlement, le juge dispose d’une plus grande marge de manœuvre pour adapter la peine à la gravité des faits.

Lire l’article »