Le 1er mai 2026 a marqué la disparition définitive du compte courant TVA, remplacé par le compte-provisions.

Ce nouvel instrument, détaillé dans une brochure du SPF Finances du 22 avril dernier, devient le pivot central de la relation financière entre l’assujetti et l’Administration. Si la logique de fond demeure inchangée pour les entreprises à jour de leurs obligations, l’impact pratique sur le suivi des paiements, des crédits et des remboursements impose une révision des procédures en cabinet.
Le compte-provisions sert désormais de réceptacle unique pour le paiement des dettes TVA issues des déclarations périodiques. Il peut être alimenté soit par des versements volontaires de l’entreprise, soit par le report de crédits d’impôt non remboursés.
Pour toute alimentation de ce compte ou pour le règlement des déclarations de substitution, il convient d’utiliser le numéro BE41 6792 0036 4210.
L’Administration recommande vivement l’usage de MyMinfin pour limiter les erreurs de communication structurée.
Il est important de noter que si les paiements sur l’ancien compte restent transférés automatiquement jusqu’au 31 décembre 2026, cette tolérance ne dispense pas d’une mise à jour rapide des ordres permanents.
Par ailleurs, dès lors qu’une dette fait l’objet d’un titre exécutoire ou d’un avis de paiement spécifique, le numéro de compte indiqué sur ledit document prévaut. À cet égard, la brochure mentionne notamment BE42 6792 0000 0054 pour certains avis de paiement.
L’un des changements majeurs réside dans le délai de mise à disposition des crédits TVA. Pour un déclarant mensuel, le crédit d’une période ne devient une provision utilisable qu’au plus tard le 20 du mois suivant son dépôt.
À titre d’illustration, pour la déclaration du mois de juin déposée en juillet, le crédit TVA n’apparaîtra au compte que le 20 août. Ce délai est plus étendu pour les déclarants trimestriels, le crédit du deuxième trimestre n’étant disponible qu’au 25 octobre. Ce décalage temporel signifie que les crédits ne sont plus mobilisables immédiatement pour la déclaration suivante, ce qui nécessite un suivi rigoureux des provisions disponibles sur le portail MyMinfin.
Si vous introduisez votre déclaration en retard, l’inscription du crédit TVA sur le compte-provision interviendra également plus tard.
Concrètement, si une déclaration mensuelle est introduite hors délai, le crédit TVA ne sera porté au compte-provisions que deux mois après le dépôt effectif.
Pour les déclarants trimestriels, ce délai est porté à trois mois. La brochure administrative illustre cette sévérité : une déclaration mensuelle de juin déposée seulement le 16 août ne verra son crédit libéré qu’au 16 octobre (et au 16 novembre pour un trimestriel).
Il est impératif de souligner qu’en cas de dépôt tardif, le remboursement du crédit TVA est d’office refusé au profit d’un versement automatique sur le compte-provisions.
Sur le plan pécunier, le retard de dépôt déclenche une amende de 100 euros par mois de retard (plafonnée à 500 euros).
En l’absence de dépôt, la sanction s’alourdit considérablement, allant de 500 euros pour une première infraction jusqu’à 5 000 euros dès la quatrième. L’Administration se réserve également le droit d’émettre une proposition de déclaration de substitution avec une base de taxation minimale de 2.100 euros, laissant alors un délai d’un mois à l’assujetti pour régulariser sa situation.
Enfin, la ponctualité du financement du compte-provisions est tout aussi cruciale. Tout retard de paiement génère des intérêts de retard de plein droit. Si le solde n’est pas apuré avant le dixième jour du mois suivant l’échéance, des amendes proportionnelles s’ajoutent :
– 5 % si seule la déclaration a été déposée à temps,
– 10 % si le dépôt et le paiement sont tous deux tardifs,
– et jusqu’à 15 % en cas de déclaration de remplacement définitive.
Il appartient donc aux assujettis (le cas échéant, via leur mandant) de veiller à ce que le compte-provisions soit suffisamment provisionné ou que le solde résiduel soit acquitté séparément via le numéro de compte BE41 6792 0036 4210 (TVABTW), sous peine de voir les frais de recouvrement s’accumuler.
La réforme introduit une distinction fondamentale entre le remboursement du crédit de la période et celui du solde des provisions. La case dédiée dans la déclaration périodique ne concerne désormais que le crédit généré par cette déclaration spécifique.
Pour récupérer des montants déjà présents sur le compte-provisions, l’assujetti doit introduire une demande distincte via MyMinfin. Pour cela, connectezvous à MyMinfin en allant dans « Mes paiements », puis « Gérer mes provisions » et enfin dans la zone « Que voulez-vous faire ? » sélectionnez « Demander le remboursement de mes provisions ».
Le timing de cette demande est déterminant : une introduction avant le 15 du mois permet un versement à la fin du mois, tandis qu’une demande tardive reporte le paiement au 15 du mois suivant.
Concernant la transition, les soldes positifs des anciens comptes courants au 30 avril ont été transférés vers le compte-provisions avant le 20 mai, pour autant qu’aucune demande de remboursement n’ait été formulée dans les dernières déclarations.
Pour les entreprises en cessation d’activité après le 1er mai, le solde positif est remboursé après imputation des dettes éventuelles, soit sur demande immédiate, soit automatiquement dans les six mois.
En conclusion, cette réforme transforme le respect des calendriers en un enjeu vital de liquidité. Au-delà des sanctions pécuniaires classiques, l’indisponibilité prolongée des crédits en cas de dépôt tardif impose aux assujettis une rigueur absolue dans la gestion des flux. Le compte-provisions n’est plus un simple outil comptable, mais un levier de contrôle de l’Administration sur la trésorerie des entreprises, rendant le suivi en temps réel sur MyMinfin indispensable.
Face à ces nouvelles complexités procédurales, notre cabinet a développé le “Package TVA” : une solution dédiée pour sécuriser vos dossiers, auditer vos crédits en suspens et prévenir tout risque d’imputation erronée auprès de l’Administration. Contactez-nous pour en savoir plus.
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